Cancer et image de soi : le coaching en image, un outil précieux.

A l’antenne de l’association espagnole contre le cancer, à Fuengirola, j’ai eu le plaisir de rencontrer Isabelle Philippe, Image consultant et coach. Comme avec toutes les personnes rencontrées ici, j’ai passé, un bien beau moment avec Isabelle. Chaleur humaine, générosité, grandeur d’âme, je comprends vite qu’elle a tout à fait sa place au sein d’une telle association. Mais qu’est-ce-qui a amené cette infirmière française à faire du coaching en image à l’Aecc ?

Isabelle a travaillé pendant plusieurs années en tant qu’infirmière. Elle et son mari, partageaient l’envie de découvrir d’autres pays. L’occasion pour eux s’est présentée de partir au Népal et en Thaïlande où Isabelle a même donné naissance à ses deux filles.
Au Népal, ce qu’a remarqué Isabelle, entre autre, c’est le peu d’importance que les gens accordent à leur apparence extérieure, et plus précisément à ce que pense les autres de leur apparence. Ils ont bien d’autres préoccupations et la solidarité, la tolérance passent au-dessus des inquiétudes par rapport à l’image que l’on donne de soi. Il n’est pas rare, par exemple, de voir des femmes le crâne rasé.
« Après le Népal, ici en Espagne, j’ai remarqué que l’apparence, le souci de l’image que l’on renvoie sont vraiment importants. Il y a beaucoup de cliniques d’esthétique et malgré les opérations, les personnes ne sont quand même pas satisfaites de leur physique. Je me suis rendue compte que le problème est plus dans la conception et dans la perception que l’on a de sa propre image.

 Que se dit-on du regard des autres ?

« On me regarde…qu’est-ce-qui n’ va pas ? ». Alors que l’autre ne nous a peut-être même pas remarqué, qu’il est distrait, ou nous trouve justement bien ! Elle a ainsi pris conscience des diktats de la société par rapport à l’apparence qui nous permettrait ou pas d’atteindre le succès à différents niveaux.
Alors, quand en plus la maladie s’en mêle, la perception de notre image est mise à rude épreuve. Et le cancer, est fort pour ça ! La perte de cheveux, des sourcils avec la chimiothérapie. Le corps qui peut changer suite à une perte de poids, à la fonte musculaire. La fatigue, le teint qui change, les nausées, l’odeur que l’on dégage avec les produits…toutes ces sensations qui nous rendent mal dans notre corps peuvent affecter notre confiance en nous, le regard que nous avons sur nous-même.
« L’image de soi…On pourrait se dire que c’est secondaire par rapport à la maladie. En même temps, si la patiente n’apprivoise pas les changements, ne les accepte pas, cela va être un frein à la guérison, ça peut être dissuasif. Pour certaines, même si il s’agit d’une minorité, cela peut aller jusqu’à refuser le traitement.. ». « Je ne vais pas sortir comme ça.. » voici le genre de pensées qui conduisent à s’isoler et cela affecte bien sûr le mental et quand on connaît l’importance de celui-ci (au moins 50 % selon certains médecins) dans la réussite du traitement, on comprend vite toute la nécessité du travail d’Isabelle !
Concrètement comment cela se passe-t-il ?
« Elles font souvent appel à mes services dans l’urgence, avant ou pendant la chimiothérapie. Dès l’annonce de la maladie, on les informe, à l’hôpital, de l’existence de l’association, du soutien et des services mis en place pour les aider. La raison première pour laquelle elles viennent consulter, est la perte des cheveux, des sourcils, le choix à faire entre foulard, perruque…Rares sont celles qui le vivent bien et font le choix de ne rien mettre.
“Nous faisons une sorte de bilan de base sur la perception qu’elles ont déjà d’elles-mêmes. Il est bien de pouvoir sonder leurs ressentis et ainsi les aider à apprivoiser les changements. Ensuite, c’est suivant leurs préoccupations. Une telle a les cheveux longs, une autre veut plus de volume : comment mettre le foulard de telle façon à avoir un long pan qui descende dans le dos ou sur l’épaule ou encore comment créer plus de volume sous le tissu. Quelle perruque choisir ? Une fois leur traitement terminé, beaucoup de femmes prêtent leur perruque à l’association Je peux ainsi faire des essayages de perruques avec elles. Elles ont perdu leurs sourcils : je leur apprends à jouer avec le maquillage. Je ne dis pas qu’il faut se maquiller mais qu’il y a des solutions, par exemple, pour redessiner les sourcils. Elles trouvent leur teint terne : nous cherchons ensemble les couleurs qui les embellissent. Tout dépend des objectifs qu’elles ont ! Certaines ne veulent pas que ça se voit, d’autres vont justement en profiter pour changer de look et vont utiliser ce temps pour tenter d’autres choses. Après une première consultation en privé, elles peuvent aussi venir en consultation avec leur conjoint, une amie, une soeur, pour avoir un avis, mais il faut veiller à ce qu’elles se sentent bien avec leurs choix.”
Isabelle propose, elles disposent…
« Il est essentiel qu’elles gardent une relation d’amour vis-à-vis d’elles, de leur image. Ce lien est primordial, pour chacun et encore plus important à ce moment. J’essaie de leur faire prendre conscience qu’il y a toujours quelque chose à sublimer, qu’au-delà de l’apparence, il y a tout ce que nous dégageons ».

«On ne perd pas sa féminité parce que l’on perd nos cheveux”

Je ressens vraiment chez elle la passion pour ce qu’elle fait ! « La perte des cheveux est comme une porte qui se ferme. Il faut ouvrir la porte des solutions aux femmes. Là, d’un seul coup, j’ai l’impression d’ouvrir le champ des possibles. »
J’ai l’envie de partager avec vous cette vision d’Isabelle, qui je trouve vaut bien pour tout un chacun car l’amour, l’admiration que nous nous portons pourrait, selon moi, nous éviter bien des maux…
« Il ne faut pas perdre de vue tout ce qu’il se passe dans notre corps sans qu’on s’en rende compte, sans devoir agir…Le coeur qui bat, les poumons qui s’emplissent d’oxygène,… Pouvoir marcher, danser, lever un bras, bouger, observer… Tout ça est quand même extraordinaire ! »
Etre sur terre, en effet, est vraiment miraculeux ! Vous ne trouvez pas !
Le mot de la fin Isabelle ?

« Il y a toujours quelque chose à sublimer en soi ! »

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